06 février 2010

Comment repenser Haïti ? - 2 -

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Pas de mansuétude après la magnitude

           Nous, corps déchiquetés, poussiérisés, broyés, mâchés, pulvérisés, fracassés par la magnitude de force 7, sommes sans mansuétude. Nous, vieux chiffons encombrantset précipitamment enfouis sous terre ou brûlés comme des pneus hors d’usage, nous piquerons constamment vos narines, monterons au-dessus de vos caboches comme des fumeroles gonflées de rancœur. Nous, volutes pestilentielles aux ondoiements hallucinogènes, dansant dans la moindre pénombre la danse du tourment, ne lâcherons pas prise. Promis, mon général (Thomas Alexandre Dumas, photo ci-dessus) !

D’où vient notre décision ? Vous avez plié et ne vous êtes jamais relevé comme les roseaux qui courent la lagune et peuplent votre terre. Quel buste droit, quel rang défendez-vous ? Jadis, au milieu du grand tumulte, expulsés d’une Afrique sans boussole, coupés de la conversation ancestrale, des hommes et des femmes ont assisté croisé le fer avec le colosse gaulois. Au cœur des plantations au feuillage abondant et qui lacérait les corps de la négraille, il y eut de braves types à la peau tannée, brûlée, mais résistante au broyage. Longtemps, des têtes hautes affrontèrent l’orage et le désespoir, les cyclones et les yankees. Vous les connaissez, vous ne pouvez les ignorer ! Le legs de ces rebelles est un seul cri : dignité ! Depuis, que s’est-il passé ?

Nous savons que la révolution gauloise corrigea, certes, le crime de lèse-humanité et supprima le joug. Mais voilà qu’à peine aboli, le vieil ordre et les vieilles pourritures refirent surface pour restreindre, pour abaisser, pour tordre et pour extorquer des fonds haïtiens sous l’habillage d’un inique impôt.

Nous revient le portrait d’un Haïtien : le général Thomas Alexandre Dumas, le père de l’auteur des Trois mousquetaires et de Georges. Victorieux sur des fronts réputés ingagnables, victorieux en Egypte, il fut néanmoins disgracié après la bataille des Pyramides pour avoir affirmé qu’il était « au service de la nation et non dévolu à un homme ». Napoléon perçait déjà sous Bonaparte. L’ombrageux Corse, furieux, livra « le Diable noir » aux Napolitains. Ces derniers n’eurent en tête que de retirer à cette force de la nature, l’énergie qui le rendit invincible à la tête des armées des Alpes, du Piémont, de l’Ouest, des Pyrénées Orientales, bref, partout où le devoir l’appelait. Vous connaissez la suite. Les Napolitains l’empoisonnèrent à petites doses comme on sectionne, à coups de petites limes, les jarrets d’un cheval d’orgueil. Le centaure s’en tira ; surmontant privations et empoisonnements, bravant les mauvais traitements infligés par ceux qu’il avait naguère mis en déroute et qui se vengeaient sur un combattant trahi par les siens. Il sortit de l’enfer, affaibli, et s’installa à Villers-Cotterêts.

Le comble, oh somnolents, oh pagayeurs sans rames, fut que Napoléon ayant rétabli l’esclavage sous le Consulat, fit mine de tirer le général Thomas Dumas de sa retraite pour l’envoyer restaurer ledit esclavage à Saint Domingue ! L’Honneur fait homme déclina la grotesque promotion. Combien parmi vous l’eussent rejetée ? Allons, vos ventres se rassasieront-ils jamais pour ne suivre que le commandement de la justice et de l’honneur ? Aux actes, babillards, aux actes ! Voilà le défi. Ne vous semble-t-il pas plus doux de frapper que de guérir ? Que le pays tombe sous un nouveau joug, encore plus infâme et qui a pour nom la mendicité publique, cela vous ôterait-il le sommeil ? Nous le savons, tout vous paraît acceptable car vous ne vous voyez qu’en zombies ou en pantins aux mains de puissances sans visage. Regardez donc les gesticulations indécentes de la « guenillocratie » qui court les ruelles, qui attend, les yeux au ciel, que les oiseaux de fer américains lancent poulets et « french fries » ! Miroirs, oh miroirs, montrez donc ces yeux amers, ces mains implorant un visa derrière les grilles de l’ambassade canadienne qui elle a tenu le choc sismique. Montrez ces yeux glauques d’Haïtiens, des yeux brouillés par l’amertume, tripoteurs de l’avachissement général, colorés par la lueur de folie qui congèle le cerveau, qui brise toute ambition de dignité et de résistance à l’affaissement général. Un peuple n’est peuple que lorsqu’il s’extrait, par lui-même, des étaux de la misère, de la gabegie, de la bouffonnerie, de la soumission aux affabulations mystiques et aux grimaces des forces surnaturelles ! Pensez aux souffrances de Louverture sous les griffes terribles du froid au château de Joux surplombant la cluse de Pontarlier, dans le Doubs ! Il y meurt de nouveau sous la pierre du tragique et du comique que vos mouvements désordonnés produisent.

         C’est pour quoi, nos troupes, charbonneuses et chaque jour grandissantes, soldatesque spectrale et méchante, promèneront nos corps fracassés, nos êtres écrabouillés, sous vos tentes onusiennes. Barack O. est bien gentil, mais ce pays n’est pas la Nouvelle Orléans. Que ceux qui veulent s’endormir ou qui glosent sur nos capacités à construire ce qui a été brisé, sachent que nous viendrons faire magnitude force 7 jusque dans vos sommeils. Nous hurlerons : « Qui est responsable de notre calamité ? » Inutile de vous égosiller et de verser dans les habituelles contorsions qui vous rendent pathétiques. Réfléchissez ! Réfléchissez, nom d’un chien ! Votre phénoménale imagination, votre puissance d’enfantement du juste monde, votre expérience du désastre, votre capacité à déchirer le ciel forment un ensemble capable d’enrichir l’uranium dont notre Caraïbe a besoin pour être radieuse et prospère. Mais nous avons échoué, échoué dans la crique des destins emmurés.

Comprenez bien que seuls nos corps pulvérisés sont à plaindre, maintenant que vous rebroussez chemin et quittez Port-au-Prince comme une armée qui se débande. Dîtes-vous bien que nos âmes suppliciées hanteront les vivants. Nous surgirons du grand gouffre pour vous puer au visage, vous rotez au nez, vous crier d’abréger vos jacasseries, de cesser le contournement de l’obstacle, d’arrêter de brouiller la lumière du jour au moyen de nos corps incendiés et transformés en fumeroles. Assez de pétrir la pâte médiocre et d'ériger des statues sans voix et sans socles-béton ! A quoi sert le titre de Première république noire si on noircit en permanence la chose publique ? Enfin, chers affamés de tout, ne prenez plus la porte du monde dans la figure, mais montrez au monde que « la négraille peut véritablement être debout et libre »… Nous vous donnons donc rendez-vous A l’angle des rues parallèles, selon l'expression de Gary Victor. Soyez présents !

Sinon, il n’y aura pas de mansuétude après la magnitude. Notre colère sera terrifiante et vous prendra pour cible, prendra pour cible le Dahomey abonné à l’impuissance comme à l’insouciance. Nous n’aurons aucune bienveillance pour toutes les têtes baissées-brisées, pour tous les becs picoreurs de la graine des soumis ! Nous, corps carbonisés, n’avons plus rien à perdre depuis que nous savons que le ciel est un mensonge qui nous a laissés tomber si bas, si profond dans les ténèbres sans fin.

                                                        Eugène Ebodé

Toussaint_Louverture

Gary_Victor

Toussaint Louverture et l'écrivain Gary Victor

(contribution d'Eugène Ebodé à la réflexion sur Haïti)

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Comment panser Haïti ? - 1 -

Ha_ti__photoHaïti, année zéro

Ce texte d'intellectuels Haïtiens vivant dans l'île et de Jean-Philippe Belleau, professeur à Harvard, aux Etats-Unis, a été écrit dix jours après le séisme. Il a paru hier, vendredi 5 février 2010, dans les colonnes du Courrier de Genève...

Haïti, Année Zéro

Depuis dix jours déjà, la presse internationale regorge de larmes et d’opinions sur le tremblement de terre en Haïti.  Avant de recevoir le torrent de compassion, nous voulons qu’on nous entende. Nous, intellectuels Haïtiens et chercheurs, alors que nos maisons et nos vies sont en ruines, tentons de porter nos voix aux oreilles du monde par-delà les clameurs des journalistes, des « experts » et des officiels de tous pays. Cela est d’autant plus important que le futur d’Haïti va se décider dans les jours et les semaines qui viennent. Nous voulons, sans tabous, faire une évaluation des problèmes auxquels Haïti est confronté et, surtout, proposer une voie nouvelle pour reconstruite la capitale et l’Etat, hier moribond, aujourd’hui en miettes.

Les pertes en vies humaines et les dégâts matériels sont considérables. Aucune famille, aucune rue, aucune institution n’a été épargnée. Cette catastrophe avait pourtant été annoncée. Plusieurs scientifiques, il y a un an environ, ont lancé une alerte relative à un tremblement de terre de magnitude 7.2 au moins, et ont suggéré des mesures à faible coût financier (Le Matin, 25 septembre 2008). Les autorités les ont ignorés.  Aucun écolier haïtien n’a appris, contrairement à ceux des Bouches-du-Rhône, par exemple, à se cacher immédiatement sous son bureau ou sous l’ossature d’une porte. Le désastre a laissé les autorités absolument sans aucune réaction. Les très onéreuses initiatives financées par la communauté internationale ces dernières années pour la prévention et les réponses aux désastres naturels n’ont dès lors produit aucun effet. Les milliards de dollars dépensés pour la construction d’infrastructures depuis quinze ans ont eu peu de résultats positifs. 

Au-delà des discours sur l’inévitabilité des catastrophes naturelles et des appels à la générosité, nous devons tirer les conclusions de quinze années d’aide internationale massive, des efforts consentis après les cyclones de 2004 et 2008, et des 600 millions de dollars par an de la mission des Nations Unies en Haïti, ou alors l’aide qui arrive aujourd’hui sera à nouveau avalée par un gigantesque trou noir d’inertie, de corruption et d’incompétence.  Refaire les mêmes projets, avec les mêmes idées et les mêmes méthodes sera un échec garanti.  Les erreurs persistantes ne peuvent pas rester impunies, et les responsabilités jamais prises pour des résultats jamais obtenus.  Une charité mal pensée et mal conduite ne produira aucun des résultats attendus par la générosité de l’étranger et la bonne volonté des Haïtiens.

Ce qui restait de l’Etat haïtien s’est effondré avec la capitale haïtienne. La disparition des bâtiments publics symboliques de l’Etat (palais national, palais législatif et palais de justice), où nous avons perdu amis, parents et tellement de personnes qualifiées, en est la sidérante métaphore. Le processus de destruction de l’Etat, commencé il y a cinquante ans, est arrivé à son terme. Il faut admettre cette réalité si nous voulons avancer.

La population a constaté l’impossibilité totale des responsables à la rassurer, à apporter les premières réponses à son désarroi et à coordonner l’aide internationale. Un président désemparé, apeuré, déconnecté a été incapable, une nouvelle fois, de s’adresser  à son peuple, si ce n’est pour se plaindre que lui aussi était sans toit.  Aucun d’entre nous, comme la plupart des Haïtiens, n’a été le moins du monde surpris par l’absence d’un Etat mort il y a longtemps.  Dans ces conditions, personne ne doit prétendre qu’il existe encore des institutions nationales qui ont survécu à la catastrophe et qui sont capables de travailler dans un cadre normal de fonctionnement.  Nous craignons même que les officiels haïtiens se positionnent pour demeurer au-delà d’un mandat qui expire en décembre, sous le prétexte des difficultés du pays et de la « stabilité politique ».

Une première étape est, sans aucun doute possible, la création d’un état-major de liaison entre la communauté internationale et la communauté nationale, une sorte de comité de salut public qui redonnera aux Haïtiens confiance en eux-mêmes et les mettra au travail. Cet état-major devra être composé pour moitié des pays responsables et les plus impliqués, de l’autre d’Haïtiens investis de la plus haute autorité.  Surtout, cet état-major devrait être complètement intégré pour ne pas avoir les étrangers et leurs projets d’un côté et des ministres mal préparés de l’autre.  Le temps est terminé où les gouvernements étrangers pouvaient se cacher derrière les Nations Unies ou dire « voilà l’argent, maintenant ce n’est plus notre affaire !»

Depuis six ans maintenant, les arrangements entre un Etat démissionnaire qui fournissait la légitimité et des organisations multilatérales sans vision qui apportaient l’argent et prenaient les décisions, ont lamentablement échoué. La tête de cet état-major, et l’interlocuteur des Haïtiens, ne peut être que les Etats-Unis ou la France, car, depuis quinze années maintenant, le leadership des initiatives multilatérales par les pays Caraïbes ou Latino-Américains n’ont pas marché.  Seuls des grands pays dotés de volonté, de vision et de moyens peuvent répondre à leurs obligations sur le long terme.  Ce pays ne peut plus se permettre d’être le laboratoire d’ambitions de pouvoirs régionaux dont le rôle, ces dernières années, a été, pour dire le moins, superfétatoire.  L’opinion internationale doit savoir que, aux yeux du peuple haïtien, les Nations Unies sont aussi discréditées que le président haïtien. Si l’ONU jouit d’un crédit dans le monde entier, cela fait longtemps que ce n’est plus le cas dans notre pays.  Les Haïtiens ont également le droit de savoir pourquoi donc les 7.000 soldats Casques Bleus présents en Haïti sont restés sur leurs bases dans les six jours qui ont suivis le séisme; 14.000 bras sont restés croisés alors que les pillards prenaient la ville et que les victimes tentaient de sortir les leurs des décombres. Comment ce fait, constaté par deux millions d’Haïtiens n’a été mentionné dans aucune gazette ? 

Si l’ONU veut continuer à jouer un rôle, elle devra le faire sous l’autorité de cet état-major. On devra alors se focaliser sur les infrastructures et l’éducation, dans le cadre de l’aménagement du territoire. Sans cet état-major, dans dix ans à nouveau, tout le monde se demandera où les milliards sont passés. Sans cet état-major, le peuple haïtien ne retrouvera aucune confiance en lui-même. 

Michele Oriol, sociologue (Université d’Etat d’Haïti)

Daniel Supplice, sociologue (Université d’Etat d’Haïti)

Michel Soukar, historien (Université d’Etat d’Haïti)

Erick Balthazar, historien (Université d’Etat d’Haïti)

Jean-Philippe Belleau (Université Harvard, Massachussetts, Etats-Unis)

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07 septembre 2009

Obama contre Machiavel (1)

Jim_Cohen1A l’heure où Barack Obama connaît les premières et sérieuses difficultés dans la mise en œuvre de son programme, Jim Cohen (photo) nous livre une analyse pertinente sur l’enjeu majeur de la réforme du système de santé aux Etats-Unis. Originaire du Massachussetts, Jim Cohen est un fin observateur de la  vie politique américaine. Maître de conférences en sciences politiques à l’Université de Paris-VIII, il est également chargé de cours à l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine. Voici le premier round du combat tant attendu entre Barack Obama, les cyniques et Machiavel...

Obama à l’épreuve du nouveau modèle social américain (*)

L’adoption d’un système de santé assurant la couverture universelle – gérée ou non par l’Etat – était l’un des grands thèmes de la campagne électorale de Barack Obama en 2008. Cette question est au cœur des aspirations de nombreux électeurs pour un changement non seulement de politique sociale mais de modèle social. Après les manœuvres d’une droite agressive pendant l’été pour empêcher un débat serein, on se demande aujourd’hui si le système politique étatsunien va rester soumis, une fois de plus, à l’influence des grandes compagnies d’assurance privée. Elles avaient déjà réussi en 1993 à blackbouler la réforme pilotée par Hillary Clinton sous la présidence de son mari.

Il se pourrait, malgré la campagne agressive de la droite pour perturber le débat public par une agitation savamment orchestrée, bien financée et utilisant des « arguments » très musclés, qu’on assiste dans les semaines qui viennent à la signature d’une loi. Mais pour cela Obama doit encore convaincre une partie de ses propres élus, les démocrates conservateurs de la tendance dite du « chien bleu » ; ceci signifie que la loi risque fort d’être diluée et amputée de la fameuse « option publique », c’est-à-dire la création d’un pôle public d’assurance-santé qui se poserait en rival du secteur privé.

                                               Jim_Cohen

Pour mieux comprendre cette situation, je vous invite à écouter un acteur du drame dont on n’entend pas beaucoup parler à l’étranger : Wendell Potter, ancien propagandiste des grandes entreprises privées. L’année dernière Potter a changé de camp pour devenir un « whistleblower » ou dénonciateur, plutôt éloquent et virulent, des mêmes abus qu’il avait longtemps justifiés ou niés par sa propagande.

S’adressant à des manifestants favorables à l’option publique à Portland (Oregon) le samedi 29 août, Potter a d’abord demandé pardon pour son comportement pendant 15 ans, avant de déclarer : « Sans les compagnies d’assurance avides de profits et d’autres intérêts particuliers, et sans leur armée de lobbyistes et de propagandistes, dont j’ai fait partie, nous n’aurions pas besoin de nous mobiliser aujourd’hui ».

Citant ses propres propos tenus devant le Sénat en juin 2009, il note que « plus on monte dans la hiérarchie de ces entreprises, plus on voit comment elles trompent leurs clients et se déchargent des malades afin de satisfaire leurs maîtres de Wall Street », en bafouant les règlements censés protéger les consommateurs et en refusant de divulguer des informations fiables sur leurs propres pratiques ordinaires.                         

Potter a expliqué à son public que les mêmes compagnies qui combattent par tous les moyens un projet risquant de porter atteinte à leurs intérêts, sont également prêtes à collaborer avec l’administration Obama au moment de négocier, en coulisses, un projet de loi permettant de conserver leurs profits. Cet objectif n’est pas hors de portée, puisque plusieurs Démocrates jouant des rôles de premier plan dans les commissions législatives ont bénéficié des contributions financières de ces mêmes entreprises.

L’argument-choc des « militants anti-réforme » n’est pas d’une grande originalité : c’est le thème de l’Etat comme oppresseur de la société par définition. Un programme public, disent-ils, imposera nécessairement de longs temps d’attente aux malades et livrera à l’Etat des informations intimes sur la santé des personnes : inacceptable ! Potter est bien placé pour déjouer tous ces arguments, pour avoir participé lui-même en tant que propagandiste à leur formulation.

Désabusé, Potter n’écarte par le scénario d’une loi vidée de toute substance, qu’il propose avec ironie d’appeler « Loi sur la protection et l’augmentation des profits de l’industrie ». Mais il n’exclut pas la possibilité d’un sursaut de mobilisation citoyenne dans les semaines « historiques » qui viennent.

C’est en effet une épreuve historique. A gauche, on dit depuis la victoire d’Obama qu’il « a besoin d’un mouvement social » pour être poussé à tenir ses engagements. A partir de maintenant, le président va davantage s’impliquer dans les débats du Congrès, mais ce sera pour chercher un compromis plutôt mou, à moins qu’une large mobilisation l'oblige à sauvegarder l'option publique.

                            Barack_Obama

*Cet article a été publié dans le journal L’Humanité du 5 septembre 2009 sous le titre :

   « Quelle réforme de l’assurance santé aux Etats-Unis ? »

Posté par eugeneebode à 12:45 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]


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