02 mars 2010

Lycées en colère

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Ce texte de Bernadette Ebodé, conseillère municipale déléguée à la petite enfance, a été publié dans le journal Vitry Magazine du mois de Mars 2010. Il pose le problème du désengagement de l'Etat dans la politique éducative et exprime le sentiment de relégation qui gagne de plus en plus certains territoires. L'école à deux vitesses est-elle acceptable ?

L’aveuglante irresponsabilité des pouvoirs publics au   Lycée CHERIOUX

Les enseignants du lycée Adolphe Cherioux de Vitry-sur-Seine manifestent leur volonté de changement depuis mercredi 3 février, au lendemain de l’agression dont a été victime un lycéen dans l’enceinte même de l’établissement. En contestant leur droit de retrait, le ministère de l’éducation, surprend, étonne.

Rappelons que « Le droit de retrait concerne tout salarié ». Appliqué à la fonction publique en vertu d’un décret du 9 mai 1995, il prévoit la possibilité de se retirer d’une situation de travail présentant « un danger grave et imminent pour la vie ou la santé ». Depuis plusieurs années, des équipes d’enseignants confrontés à des situations de violence invoquent régulièrement ce droit.

Pour l’équipe éducative du lycée Cherioux, le droit de retrait, qu’elle compte faire prévaloir, s’impose. Pour le ministère de l’éducation, c’est une grève qui donnera lieu à des retenues de salaire pour « service non fait ». Ce bras de fer est aberrant.

L’émotion légitime de l’ensemble de la communauté éducative et des élèves déplorant des actes de violence, doit nous interpeller. Cette émotion  ne se  mesure pas au nombre de jours de retrait. Cette émotion est la conséquence du refus de l’Etat de remplir ses obligations. Nos enfants vont au lycée pour s’instruire et non pour être des otages d’un Etat qui ne cherche qu’à supprimer des postes et à organiser des débats foireux sur l’identité nationale par exemple. C’est de l’adhésion au pacte citoyen dont il est question. Quel meilleur moyen de démobiliser les élèves que de priver leur établissement de ressources humaines, seules aptes à concourir durablement et effectivement au service d’une éducation apaisée et concentrée sur ses objectifs pédagogiques. Dans plusieurs établissements, les colères montent du fait des violences intolérables et de la raideur des pouvoirs publics.

Les professeurs ont droit à la tranquillité pour bien enseigner et les jeunes d’un contexte favorable et d’un environnement sanctuarisé pour bien étudier. Chaque année, dans nos banlieues, nous sommes confrontés  aux mêmes problèmes : les débordements préoccupants hier, sont dramatiques aujourd’hui. Ils fragilisent l’école et délitent la matière essentielle sans laquelle les jeunes esprits ne pourraient véritablement grandir et s’épanouir : l’enseignement. Pour les jeunes inscrits dans des établissements livrés à eux-mêmes, les lacunes s’amplifient, le doute grandit et les dispositions favorables aux savoirs s’évaporent. Se creusent ainsi chaque jour le fossé entre les établissements du « haut du chapeau » et ceux contraints de traîner en langueurs et en mécontentements. La solution miracle qu’on oppose à la logique humaine est « Big Brother ». Soyons clairs, le recours aux caméras brisera peut-être le thermomètre, mais ne fera pas baisser la fièvre.

Le lycée a besoin d’un encadrement humain pour la surveillance et la prévention, pour la sanction aussi dans un cadre à vocation pédagogique. Les ressources humaines permettent la transmission des savoirs et des valeurs, de même que la vigilance et l’administration des admonestations nécessaires aux perturbateurs.

Depuis le 03 février, l’établissement de Cherioux vit au rythme des assemblées générales et des délégations envoyées au rectorat. En vain. Les enseignants, les élèves et l’encadrement scolaire souhaitent pouvoir travailler dans un environnement sécurisé ; ils ne veulent pas continuer à fermer les salles de cours à double tours pour éviter toute intrusion. Un établissement qui compte onze surveillants pour 1 500 élèves, c’est inadmissible. Avec ses 40 hectares, ses grandes étendues de pelouse et ses bâtiments éloignés les uns des autres, le domaine de Cherioux ressemble à un campus américain, avec ses avantages et ses inconvénients. L’insécurité n’y est pas une fatalité et concerne tout le monde.

A l’approche des élections régionales, M. CHATEL, ministre de l’éducation nationale, a cru bon de se défausser sur la région et le département d’Ile-de-France. La sécurité relève pourtant du pouvoir régalien de l’Etat. Personne ne dédouanera les pouvoirs publics de leurs esquives actuelles, de leur aveuglante et criante  irresponsabilité.

Bernadette EBODE

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31 janvier 2010

Rétrospective 2009 -2-

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Le PANAF 2009 à Alger : entre Michaël Jackson et Lucy

Nous nous posons généralement beaucoup de questions avant d’entreprendre un voyage. Découvrir l’Algérie et participer au festival PANAF 2009, le grand rassemblement culturel qui a eu lieu en juillet 2009, m’a marqué. Les voyages ne forment pas seulement la jeunesse, ils nous renseignent, relient nos petites existences à une vaste histoire aux contours et orientations innombrables. Dès mon premier contact avec les autorités consulaires à Montpellier pour l'obtention du visa, j’ai été immédiatement reçu par le consul, M. Mouaki Benani. D’emblée, j’ai eu l'impression d’être en route vers le pays natal et non de me rendre à l’étranger. En Algérie, par-delà les appréhensions sur l’état de l’Etat, sur la question sécuritaire, sur le pluralisme politique, j’ai senti le public algérois serein, confiant. D’où vient un tel sentiment après une dizaine d’années d’affrontements violents entre la régression fondamentaliste et l’affirmation d’une démocratie représentative moderne ? De la force secrète des peuples. Au cœur des débats ouverts et libres, nous étions, durant le festival, des acteurs et des témoins, des navigateurs ahuris et surpris de découvrir une baie aux beautés insoupçonnées. J’avais souvent imaginé le sol algérien brûlant et ondoyant, une population insaisissable et capable de tous les chambardements. On m'avait aussi décrit ce pays comme un vaste territoire aux ressources immenses, aux terres anciennement fertiles mais honteusement délaissées.

Nourrir le dialogue entre les Africains

En arrivant à Alger en juin pour participer au FELIV (festival du livre), prélude au PANAF, j’ai été frappé par la vitalité de la capitale, la diversité des modes de vie, la liberté de la presse et la disponibilité des Algérois. Jamais, je n’ai eu le sentiment d’avoir jamais été attendu et si chaleureusement accueilli comme je l’ai été en terre algérienne ! Les retrouvailles entre artistes africains et de la diaspora le public algérien devaient réduire le fossé qui nous séparait. Le fil rompu avec le premier festival culturel panafricain de 1967 était rétabli.

Moi, originaire de l’Afrique sub-saharienne, j’aurais aimé avoir plus d’échanges avec la population pour vaincre nos méfiances réciproques ou nos ignorances, tant l’Afrique est diverse et complexe. Il ne suffit pas du reste pas d’être né en Afrique pour la connaître. Il ne suffit pas d’avoir l’œil grand ouvert pour voir ses cultures, les apprécier. Il faut les côtoyer, les solliciter, se bousculer aussi pour se dépoussiérer des idées reçues. J’ai eu, grâce au PANAF, des échanges serrés, précis et qui se poursuivent avec les journalistes. J’ai vécu des instants inoubliables, gouailleurs et caustiques avec les Rachid Boudjedra. Son visage, si expressif, drôle et torturé, rieur et sévère, pénétrant et lointain, raconte en ses plis et rages contenus ce qui est advenu, ce qui nous grandit et ce qui nous abaisse. J’ai apprécié son récit sur la révolution permanente, son opposition radicale aux avachissements et aux abandons. La lutte acharnée contre l’obscur est son combat. Le footballeur et défenseur central qu’il fut, m’a appris que ce qui sauve n’est pas la fuite, mais la résistance à toute oppression. Il n’est pas possible d’écouter Rachid Boudjedra sans avoir envie d’en découdre. Avec qui ? Avec quoi ? Avec les assassins, avec l’irraison qui nous inocule à tous le venin de l’endormissement général, le poison de la mort subite.

Evacuer les horreurs et les malheurs

Durant le PANAF 2009, c’est à la fois la diversité des arts africains et l’ambition culturelle algérienne qui ont été remises au goût du jour. J’aurais aimé rencontrer l’artiste Mesli et lui parler de sa peinture inclassable, contée, poétique, dorée, mordorée et enchanteresse. J’ai pris un vif plaisir à écouter des poètes et passeurs d’énergie tels que Gabriel Okoundji le Congolais, Adja Mariama la Sénégalaise voilée, Quincy Troupe l’Américain ou Moncef Gachem Le Tunisien. Ce dernier nous a subjugués par l’éclat et l’étendue de sa mémoire, de sa diction puissante et fidèle ; j’ai noté son plaidoyer relatif aux splendeurs oubliées de Carthage et j’ai entendu son aveu sur sa méconnaissance de l’Afrique noire. Le PANAF nous rassemblait aussi pour que les choses soient dites entre artistes, pour nommer nos distances ou nos écartèlements entre culture méditerranéenne, cultures ancestrales, cultures mixtes, cultures évacuées etc. L’atelier sur la mémoire, sur les mythes fondateurs nous a d’ailleurs permis d’esquisser la palabre indispensable sur les figures tutélaires. Les références floues et flottantes nous livrent pieds et poings liés aux mirages d’une modernité trompeuse ou dans les filets d’un fondamentalisme obtus. Conséquence ou hasard, l’Algérie a traversé une décennie dont les drames et les tragédies restent encore à décrire. J’ai lu dans les yeux embués d’Hamid Skiff, à Tipaza, combien sa mémoire encore encombrée par les frayeurs et les malheurs accumulés peinait à évacuer les horreur du terrorisme de la fin du vingtième siècle. En écoutant l’écrivain Salah Guemriche parler de sa mère, qu’il n’avait pas vue depuis dix ans, j’ai compris pourquoi sa longue absence de Guelma, l'évocation de sa mère, lui faisaient monter des trémolos à la gorge. J’ai aussi été ému par l’histoire de Youssef Saïah, ancien avocat au barreau de Paris, reconverti en journaliste littéraire à Alger. En pleine période de terreur, il a décidé d’abandonner son métier et un cabinet prospère pour s'installer à Alger et affronter l'horreur. La télévision et la radio algériennes ont ainsi gagné une voix et un ami des lettres, un défenseur des écrits et des cris que poussent les auteurs pour faire vivre ce que Kateb Yacine a nommé le Polygone étoilé, notre perspective, notre option majeure contre le mektoub, le fatalisme.

La fausse et ridicule annonce de la mort de Wole Soyinka

Tout n’a pas été idyllique à Alger. Pendant la résidence d’écriture à Zéralda, nous avons certes vécu de bons moments et tissé des liens solides autour de « la tribu » que nous formions avec Omar et Nouria Ladjane, Samia Zenadi, Djamila et Yasmina Bendif, ma compagne Marie-José et la benjamine Inès. Mais nous avons aussi côtoyé le ridicule... Me revient effectivement la surprenante nouvelle que nous communiqua bruyamment un soir Alain Mabanckou : « Les amis, s’écria-t-il, Wole Soyinka est mort ! » Devant notre stupéfaction il insista, disant qu'il tenait l’information de source sûre. Laquelle ? Mystère. Toujours est-il que l’idée d’une veillée funèbre fut rapidement lancée. Heureusement que nous avons été quelques-uns, dont l'écrivain Sami Tchak, à la repousser en l’absence de toute confirmation officielle concernant l’hospitalisation de notre vaillant Nigérian et encore moins la disparition du premier prix Nobel de littérature en terre africaine. J’imagine que l’annonceur de cette fausse nouvelle, davantage préoccupé par sa gloriole, avait déjà un texte qu’il brûlait de lire devant les caméras. Il était déjà obséquieux et grave, délicieusement cynique et charognard car impatient d’assister à la chute d’une icône littéraire. Il devra encore patienter !

Lucy, Michaël Jackson, Kateb Yacine

L’histoire retiendra peut-être que les retrouvailles des artistes et écrivains africains à Alger, quarante ans après le premier PANAF, ont coïncidé avec le vingtième anniversaire de la mort de Kateb Yacine, le rénovateur des lettres, le funambule éclairé des littératures africaines. Ces retrouvailles se situent aussi entre le décès de Michaël Jackson et l’exposition du squelette de Lucy, la grand-tante de l’humanité, au Musée National du Bardo. L’éditeur Karim Chikh a ainsi commenté la disparition du roi de la pop, usé par les nuits blanches et la machine infernale du profit : « On a mal interprété la transformation physique de Michaël Jackson. Plus qu’un refus reniement à sa négritude, je pense qu’il a voulu nous montrer qu’on pouvait dépasser la question de la couleur de la peau. Blanc ou Noir, il est resté phénoménal par son talent, par ses mélodies, par sa vélocité artistique et ses inventions chorégraphiques. Partout où il passait, c’est l’artiste que le public réclamait, pas le Blanc ou le Noir !»

Je me souviens aussi du vibrant hommage de Mme Khalida Toumi, la ministre de la culture, au chanteur et danseur hors normes : "Je m’incline devant la mémoire de l’un des nôtres, car Michaël Jackson avait l’Afrique au cœur et puisait son inspiration dans notre répertoire culturel rythmique et envoûtant."

Quant à Lucy, sa présence au musée national du Bardo n’a pas été assez soulignée en Occident. Le squelette de Lucy, exposé à Alger pendant ce second PANAF, a non seulement été un symbole fort, mais un acte politique majeur. L’Afrique qui écrit, sculpte, dessine, danse, chante, peint et repeint aux couleurs vives sa culture, a repris langue avec elle-même à Alger. A « Marhoussa » la bien-gardée, je veux dire Alger, l’Afrique rassemblée a démontré qu’elle n’avait perdu ni son nord ni son sud. J’ai encore à l’esprit et pour longtemps, l’accueil chaleureux que nous a réservé la population de la Casbah d’Alger. J’aimerais revoir les enfants et les adultes qui nous ont offert le thé de la fraternité ; j’aimerais un jour leur dire que de Sidi Abderrahmane à Nelson Mandela, il n’y a en Afrique qu’une seule terre et un peuple certes attaché à sa diversité mais qui doit à la fois résister aux divisions funestes, restaurer les conversations utiles et surmonter ses contradictions pour rayonner de nouveau.

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21 janvier 2010

Rétrospective 2009 - 1 -

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L’An I de Barack Obama

Une année vient donc de s’écouler depuis l’accession d’un Noir à la Maison Blanche. Au-delà de son action publique et internationale (que Jim Cohen analyse avec à-propos ci-dessous), je veux revenir sur le sens d'une distinction qui a surpris ou agacé : La remise du prix Nobel de la paix 2009 à Barack Hussein Obama.

On a cru, à tort, que cette récompense était prématurée ou sans objet. Il est pourtant un fait : l’Amérique vit une guerre « sociale ». Elle fait rage depuis l'ébranlement de Wall street et s'est engouffrée au Congrès, masquant une autre, toujours présente et insidieuse : la guerre raciale, plus sourde, et partant, plus féroce. Le Nobel accordé à Obama doit plutôt être vu comme une reconnaissance à celui qui apparaîtra dans l’histoire, aux côtés de son inspirateur, Abraham Lincoln, comme le « clôtureur » de la guerre de Sécession et de la confrontation des races aux Etats-Unis. C’est aussi la fin de ce combat-là que représente la réforme du système de santé. Il n’y a pas de pacification possible dans une nation, sans un pacte social refondé et visant à solenniser le secours aux plus faibles. Nous le savons, la maladie affecte tout le monde et principalement les citoyens les plus socialement fragiles. Qu’ils soient Blancs, Noirs, Arabes, Hispaniques ou Indiens, le « dream » du président réconciliateur est que les américains entrent dans l’ère de la concorde assumée et de la prospérité partagée. D'où le pari d'un système de santé protecteur pour tous. L’An I d’Obama aura donc été marqué par la mère des affrontements : la bataille sociétale. Elle a lieu non point en Afghanistan, mais sous le dôme majestueux et ensanglanté du Congrès où lobbyiste et conservateur nostalgiques d'un vieil ordre tirent sur un projet émancipateur. Si la loi passe, a minima ou négociée, elle va clore un chapitre cruel de la vie américaine. Mais il est vrai que l’on attendait tout, trop, d’un jeune homme dont les cheveux ont vite blanchi dans le bureau ovale, sous le poids des charges herculéennes qu'il est appelé à combattre et, surtout, d’un chômage à deux chiffres, le vrai cauchemar d’un président venu d’ailleurs…

Obama et la gauche

Par Jim Cohen (Département de science politique, Université de Paris VIII à Saint-Denis)

Même si la gauche aux Etats-Unis n’a pas de parti politique de référence, elle existe à travers des mouvements sociaux de toutes sortes et à travers un espace public critique qui s’est considérablement développé ces dernières années (voir les sites de Democracy Now, ZNet, AlterNet, In These Times, etc.). En tant que citoyen des Etats-Unis qui m’identifie à cette gauche-là, très plurielle, je peux vous dire que la période de grâce de Barack Obama n’a pas duré longtemps, puisque personne à gauche n’attendait des miracles de changement, compte tenu du fait qu’Obama – en dépit de la rhétorique du changement qu’il a su distiller avec talent – est après tout un produit du Parti démocrate et n’est pas disposé à remettre en cause les intérêts de l’élite financière. (Après le traitement de la crise financière début 2009 et la prestation d’Obama à Copenhague récemment, difficile d’affirmer le contraire.)

On savait qu’Obama avait été travailleur social, qu’il avait compté parmi ses amis des intellectuels critiques. On pouvait imaginer que cela laisserait des traces dans la vision d’un homme très intelligent et ouvert au monde. Mais pour ceux qui raisonnent politiquement, la question n’était pas de savoir ce qu’Obama cache en son for intérieur, mais plutôt de savoir s’il aura le luxe, dans un système qui fonctionne au compromis et au marchandage, de poursuivre un projet politique cohérent. Il a toujours été clair pour la gauche qu’il fallait, pour avoir une chance d’avancer, constituer une dynamique de mouvement susceptible de pousser l’administration dans une direction plus progressiste. Obama lui-même avait déclaré plus d’une fois qu’il avait « besoin » de citoyens mobilisés pour avancer.

Il faut se rendre à l’évidence que la dynamique de mouvement fait défaut. La bataille en cours pour la réforme de la santé le montre bien : elle dure beaucoup plus longtemps que prévu parce qu’elle s’est heurtée à la résistance très forte, non seulement des compagnies privées d’assurance, mais aussi d’une droite militante qui diabolise Obama en caractérisant toute mesure sociale comme du « socialisme » (donc dangereux…). La mobilisation en faveur d’une vraie réforme n’a pas été à la hauteur, malgré les aspirations affirmées des électeurs. D’ici quelques semaines le Congrès accouchera sans doute d’une loi très diluée par rapport à ce qu’on pouvait légitimement envisager au départ en matière d’« option publique ». Obama revendiquera une victoire…

Dans le domaine international, tout le monde à gauche en convient : le bilan de la première année est négatif. On peut certes raisonner comme Matthew Yglesias dans The American Prospect (24/12/09), en disant qu’Obama s’adapte moins mal que Bush à un monde multipolaire. Il n’empêche que les continuités avec les orientations de Bush ne manquent pas d’inquiéter : plus de troupes en Afghanistan, augmentation des attaques de drones qui mettent en danger les civils par milliers ; recul par rapport à l’exigence initiale du gel des colonisations dans les territoires occupés palestiniens ; installation de sept nouvelles bases en Colombie, soutien aux élections issues du coup d’Etat au Honduras – et,  pour ne rien arranger, un retour forcé, ces dernières semaines, à la priorité de la « guerre contre le terrorisme ».

Certes, Obama « ne fait pas tout ce qu’il veut ». Non seulement parce que le  monde est multipolaire, mais aussi parce ce n’est pas toujours le président qui décide. Il y a d’abord l’appareil politico-militaire du Pentagone qui ne se laisse pas facilement déborder par des présidents quels qu’ils soient. Puis il y a une Hillary Clinton très activiste, qui a par exemple la haute main sur la politique latino-américaine. Sa bonne entente avec les putschistes honduriens est une honte pour l’administration Obama.

            Pour Tom Hayden, porte-parole du mouvement anti-guerre, l’administration reste dans la logique de la « guerre longue ». Les Etats-Unis sont « investis militairement et économiquement au-delà de leurs forces », en optant encore pour « l’empire contre la démocratie ».

Bilan préoccupant donc. Pour autant je n’irais pas aussi loin qu’Alexander Cockburn (site CounterPunch) qui affirme avec cynisme que « la gauche a disparu en tant que force vitale dans la vie politique américaine. Les entreprises contrôlent tout et la seule opposition vient des populistes chrétiens de droite ». Le problème est plutôt que les mouvements qui existent sont politiquement trop faibles. S’ils n’arrivent pas à augmenter la température, Obama s’inscrira plus dans l’histoire, disons, comme un Bill Clinton que comme un Franklin Roosevelt, et le danger d’un retour en force de la droite deviendra concret.

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28 juillet 2009

Souvenirs d'un été algérien

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Qu’ai-je retenu du somptueux été culturel algérien que nous venons de vivre ? Quatre points me semblent mériter une attention particulière :

1 - Le Feliv, Festival du livre d’Alger, qui s’est déroulé du 20 au 29 juin. J’y reviendrai avec notamment une interview du commissaire de cette manifestation, Monsieur Ismaïn Ameziane.

2 -  La vitalité de la nation algérienne pendant ce 2ème festival culturel panafricain (Panaf) qui a eu lieu du 3 au 20 juillet 2009 à Alger,

3 - La résidence d’écriture du Panaf proposée et animée par Samia Zennadi et Karim Chikh des éditions Apic. Elle a permis de nouer des contacts sincères, d'en défaire d'autres, cyniques et peu accordés à l'idée que je me fais d'une réelle défense de la culture africaine. Les défaits se reconnaîtront. Les échanges autour de Rachid Boudjera, de Quincy Troupe (écrivain américain et grand ami de Miles Davis), de Jason Kibiswa (bédéiste congolais), d'Omar Lardjane (sociologue algérien) et de nombreux autres jeunes et adultes algériens m'ont impressioné. J'ai noté combien les Algériens étaient conscients des épreuves traversées au cours de la décennie écoulée et combien de graves contracdictions pouvaient compliquer leur aspiration à la liberté. Cependant, j'ai eu la conviction qu'ils veulent partager et faire pleinement vivre un destin africain. Tout n'a donc pas été rose pendant ce Panaf 2009. Mais rien ne m’a semblé plus beau que d’inscrire les manifestations du 2ème Panaf dans le mythe du Phénix, pour une Afrique renaissante.

4 - L’exceptionnelle exposition du squelette de Lucy.

Ajoutons que 50 pays africains ont participé aux manifestations du Panaf auxquelles les Etats-Unis d’Amérique et le Brésil étaient présentes au titre de nations invitées. 8000 artistes, 160 écrivains, éditeurs, conférenciers et bédéistes, 232 cinéastes, 600 artisans, 41 pièces de théâtre, 9 expositions d'arts visuels, et 500 spectacles musicaux répartis dans 25 espaces publics à Alger et présentés dans 27 Wilayas (préfectures) ont donc rythmé la renaissance africaine. Au cours de cet été culturel, l’Algérie s’est incontestablement hissée au premier rang des plus ardents et authentiques défenseurs de la cause panafricaine.

Je vous propose un premier volet de mes souvenirs d’un été culturel algérien avec l’entretien qu’a bien voulu m’accorder Mme Khalida Toumi (Photo), ministre de la culture de la République démocratique et populaire algérienne. Je garde un précieux souvenir des deux heures d’émission télévisée que l’anthropologue Slimane Hachi et moi-même avons eues avec Mme Toumi à la télévision algérienne pour parler de la culture africaine et la présence à Alger, durant le Panaf, du squelette de Lucy, la grand-tante de l’humanité.

Cet entretien avec Mme Toumi a été diffusé le 24 juillet 2009 au Courrier de Genève.

1) Le premier festival culturel panafricain d’Alger a eu lieu en 1969. Pourquoi avoir attendu 40 ans pour rééditer cette manifestation ?

En 1969, le premier festival panafricain d’Alger était placé sous le signe de la libération du continent. L’Algérie venait, depuis 7 ans, de sortir de 132 années de la colonisation la plus barbare et la plus déstructurante qui soit. Pourtant, notre jeune république ne se comportait pas égoïstement, elle était fière de dire aux peuples d’Afrique encore asservis : « nous sommes avec vous pour combattre l’infamie en réunissant nos forces autour de ce que nous avons de plus beau et de plus créatif : notre culture commune. En 1969, des Etats aujourd’hui libres étaient représentés par leur mouvement de libération ; des militants quittaient les champs de bataille le temps du festival pour présenter une pièce de théâtre avant de retourner combattre. Aujourd’hui, à l’exception du peuple sahraoui qui vit encore sous le joug colonial, l’ensemble du continent s’est libéré. Le monde va si vite qu’on oublie que la fin de l’Apartheid n’a eu lieu que le 30 juin 1991, c'est-à-dire hier. Depuis 1969, le continent a traversé de graves crises qui rendaient difficile l’organisation d’un nouveau festival. Lorsque le moment de la renaissance continentale a sonné, l’Union Africaine a décidé de dire « Africa is back » à travers sa plus belle carte de visite : sa culture. C’est un honneur que l’ensemble des Etats africains a fait à l’Algérie en la choisissant pour signifier au monde le retour du continent. C’est un témoignage de confiance en mon Président de la République Abdelaziz Bouteflika, en l’Etat algérien et en en mon peuple.

2) Quels objectifs un tel événement vise-t-il ?

Le monde a changé, le continent, comme mon pays, ont changé après avoir beaucoup souffert. Pourtant nous sommes toujours là, debout. C’est ce que l’Union Africaine a voulu signifier en demandant à l’Algérie d’organiser un nouveau Panaf : l’Afrique est là, elle a un message à délivrer à ses peuples et à transmettre au monde dans la joie et à partir de ses atouts culturels. Ce message, c’est celui de la renaissance africaine. En termes de programmation, ce festival est plus important que celui de 1969. En découvrant l’ampleur et le niveau d’excellence des activités où tous les arts - et pas seulement la musique – sont programmés un diplomate occidental m’a dit que nous étions partis pour faire le « Woodstock des Woodstock ». C’était notre ambition. En organisant un festival quarante ans après le premier, on découvre combien, malgré les difficultés, l’Afrique a produit de grands artistes de dimension mondiale que nos compatriotes ont la possibilité et le bonheur de découvrir.

« Les artistes africains installés hors du continent continuent de produire et de féconder le patrimoine culturel universel, ce sont de formidables ambassadeurs de nos cultures et de notre continent. »

3) L’Afrique donne souvent le sentiment d’ignorer ses auteurs et ses artistes. Comment combattez-vous cette situation ?

Comme ministre de la culture, l’un de mes devoirs est de n’ignorer personne. Néanmoins, ma fonction ne consiste pas à mettre en place une politique à la carte pour chaque artiste mais plutôt de concevoir et de faire fonctionner des mécanismes permettant au monde de la culture de se former, de s’exprimer, bref de s’épanouir. Il est vrai que pour des raisons financières ou autres, de nombreux artistes ont choisi de s’installer en occident, il ne m’appartient pas de les juger, cela relève de choix personnels. Je n’ai pas une vision de la culture cloîtrée derrière des frontières. La culture c’est la liberté, la circulation et la rencontre des idées. Le roi Khaled ou Youssou N’Dour n’ont pas cessé d’être africains parce qu’ils ne vivent plus en Afrique. Même Miles Davis ou Michaël Jackson n’ont jamais cessé de se sentir Africains alors qu’ils n’ont jamais vécu en Afrique. Les artistes africains installés hors du continent continuent de produire et de féconder le patrimoine culturel universel, ce sont de formidables ambassadeurs de nos cultures et de notre continent.

4) Vous accueillez donc un « Panaf » qui met l’accent sur les retrouvailles africaines. Cet événement pourrait-il faire escale dans d’autres capitales africaines et devenir itinérant ?

Cette décision appartient à l’Union Africaine. Mais compte tenu du succès de ce 2ème festival culturel panafricain, je ne doute pas que d’autres nations auront à coeur de relever le défi pour, je l’espère, arriver à une institutionnalisation du Panaf. Ce n’est pas une mince affaire mais l’Algérie sera aux côtés du prochain pays organisateur pour lui proposer son aide et son expérience.

5) Est-ce par la culture qu’il faut réactiver l’esprit du panafricanisme ?

Frantz Fanon a toujours dit que la culture était la meilleure passerelle pour rapprocher les peuples africains. Il n’est pas le seul, toutes les grandes voix du continent œuvrent, par delà les divergences, à la construction d’une dynamique commune. Alors oui, ce festival est un jalon supplémentaire à la construction d’un espace fécond et indispensable à l’unité africaine. Cette unité est déjà en marche à travers l’Union Africaine et le NEPAD. L’Afrique a besoin de mutualiser ses compétences et ses atouts pour faire face à la compétition imposée par les autres blocs. Le rapprochement culturel donnera la puissance et le supplément d’âme à cette inéluctable unité. Or, comme vous le savez, l’unité se construit par des femmes et des hommes de chair et de sang. Rien de sérieux, rien de durable ne peut se bâtir sur la haine et le mépris de soi largement cultivés et diffusés sur notre continent. L’un des enjeux du Panaf est de semer l’estime de soi, la fierté et la confiance en soi, surtout au sein de la jeunesse africaine pour consolider les acquis et envisager des projets ambitieux. Nos jeunes sont à la recherche de cette confiance en soi. Il est de notre responsabilité de permettre aux jeunes, à travers la culture, de hurler sans complexe aucun « African is beautiful ».

6) Que répondre à ceux qui estiment que la priorité aujourd’hui c’est l’emploi, l’éducation et la santé en Afrique ?

Le 1er novembre 1954, nos aînés ne se sont pas levés pour des logements et du pain. Si c’était le cas, nous serions encore perçus comme des indigènes de la France coloniale. Les biens matériels s’achètent et se distribuent. Pas l’identité, le patrimoine, la culture et la dignité d’un peuple. Ainsi, la question de la culture est, comme vous le voyez, au cœur de la conscience nationale.

Vous me demandez de répondre à ceux qui pensent que la culture est inutile. Et bien, je vais vous répondre comme un ami qui à coutume de dire, « si vous pensez que la culture coûte cher, essayez donc l’ignorance ! » Le monde sait, et plus particulièrement les Algériens, que l’ignorance conduit à la barbarie dont les conséquences coûtent beaucoup plus cher. Le FIS à la tête des mairies dans les années 90 avait exactement les même arguments lorsqu’il a décidé de fermer les conservatoires, les salles de danse, de cinéma et d’interdire les concerts de musique en prétendant que le peuple avait besoin de travail, de logement et de pain. Résultat, le peuple n’a eu ni travail, ni logement ni pain. En revanche, il a eu droit aux assassinats et aux destructions que vous connaissez. Il suffit de faire un tour dans tous les quartiers populaires qui avaient majoritairement votés pour le FIS pour voir que le public est en masse au rendez-vous de tous les événements organisés dans le cadre du Panaf Alger 2009.

« Il est de notre responsabilité de permettre aux jeunes, à travers la culture, de hurler sans complexe aucun « African is beautiful ».

7) L’année prochaine, la plupart des Etat africains vont commémorer (ou occulter) le 50ème anniversaire des indépendances. «  Les soleils des indépendances » selon l’expression chère à Ahmadou Kourouma ont-ils pâli ?

Le roman d’Ahmadou Kourouma paru en 1968 est une des œuvres majeures de la littérature africaine et mondiale. Elle permet de sentir au plus profond de son âme les difficultés qu’ont connues les pays africains au lendemain des indépendances. L’oeuvre de Kourouma, au même titre que celles de Kateb Yacine, de Mohamed Dib, de Naguib Mahfouz, de Wole Soyinka ou d’André Brink témoigne de la puissance et de l’universalité de la littérature africaine. Ahmadou Kourouma, comme tous les grands écrivains africains, enrichira le fonds des 1541 bibliothèques de lecture publique en Algérie puisque, comme vous le savez, nous avons édité ou réédité à l’occasion du 2ème Panaf 250 titres d’auteurs africains dont « Les soleils des indépendances ».

8) Le Président Obama n’hésite pas à parler des livres qu’il lit. Quelles sont actuellement vos lectures ?

La lecture est aussi importante que l’air que je respire, je ne peux pas imaginer une journée sans livre. En ce moment, je relis « Conversation avec son âne » de Réda Houhou, un écrivain algérien d’une incroyable modernité qui fût assassiné par l’armée coloniale en 1956. Avant ce livre, j’ai dévoré « L’hirondelle avant l’orage » de Robert Littell sur les relations entre le poète Mandelstam et Staline, lu les œuvres complètes de René Char éditées dans la collection La Pléiade chez Gallimard. Le prochain livre que je lirai sera sans doute « Voyage vers la fiction », un essai du grand écrivain péruvien Mario Vargas Llosa sur l’œuvre de Juan Carlos Onetti. Comme chaque été, c’est un rituel, je me replongerai dans « Nedjma » de Kateb Yacine. En me nommant ministre de la Culture, le Président de la République Abdelaziz Bouteflika m’a demandé d’accorder une attention particulière à la lecture publique. C’est ce que j’essaie de réaliser par l’aide à l’édition et la construction d’une bibliothèque moderne par commune ainsi que par la création du Centre National du Livre et de nombreux festivals littéraires.

9) Le Panaf est une organisation qui nécessite une importante logistique. A ceux qui ne parlent de l’Algérie qu’en termes de défi sécuritaire, que leur dîtes- vous ?

Je suis tentée de vous répondre par un proverbe bien de chez nous : « Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. » La meilleure réponse est ce qui se passe tous les jours dans les rues d’Alger et de 27 départements qui accueillent le Panaf. Vous savez, le Brésil et les Etats-Unis d’Amérique ne se sont pas trompés en demandant à participer à ce festival, ils sont conscients que la question sécuritaire est, grâce à la politique de réconciliation nationale menée par le président de la République et à l’engagement sans faille des forces de sécurité, en voie d’être définitivement réglée. Je prendrai au sérieux les remarques sur la situation sécuritaire de l’Algérie lorsque j’entendrai les mêmes voix qui veulent mettre mon pays au ban des nations demander, par exemple, qu’on n’organise pas les prochains jeux olympiques à Londres parce que la capitale britannique a été frappée par l’IRA ou Al Qaïda.

A propos de la polémique concernant les moines de Tibhirine, la ministre déclare : « Les Algériens ont pris l’habitude des basses attaques qui veulent nous faire en permanence passer pour des barbares. »

11) Que pensez-vous Madame la Ministre de la dernière polémique née en France à propos des moines de Tibhirine? 

Je ne veux pas jouer les paranoïaques mais, je trouve que le hasard fait décidemment bien les choses en France. Remarquons d’abord que le procès du chanteur Cheb Mami est programmé la veille de l’ouverture du Panaf et de la fête de l’indépendance de mon pays. Au moment où les regards du monde se portent sur le rendez-vous culturel africain à Alger, une indécente polémique « explose » opportunément. Tout ce que je peux dire sur le prétendu témoignage d’un général de la DGSE à la retraite qui était en poste à Alger au moment de l’enlèvement et de l’exécution par le GIA des moines de Tibhirine, c’est que la DGSE a entrepris des négociations directes avec le GIA sans en informer les autorités algériennes qui perdaient sur le terrain des hommes pour tenter de sauver les moines. Je sais que les militaires algériens qui ratissaient les maquis pour retrouver les moines avaient interdiction de se servir de leurs armes. L’armée de mon pays ne tire pas sur ceux qu’elle essaie de sauver. Ce général qui verse des larmes de crocodile sur la souffrance de sept moines ne doit s’en prendre qu’à lui-même et à la DGSE : on ne négocie pas clandestinement avec le GIA pour ensuite accuser l’Algérie lorsque les négociations ont échoué.

12) Cette polémique a tout de même perturbé le Panaf …

Pas le moins du monde. Les Algériens ont pris l’habitude des basses attaques qui veulent nous faire en permanence passer pour des barbares. Le travail de sape souterrain mené par les barbouzes contre mon pays n’a pas commencé en 2009, il dure au moins depuis le 1er novembre 1954. Lassés par tous ces mensonges, mes compatriotes ont fini par les ignorer. En revanche, nos invités, les porteurs de la flamme culturelle africaine sont choqués par cette polémique qu’ils jugent minable. Finalement, les propos de ce général retraité de la DGSE ont eu l’effet contraire : les artistes sont déterminés à lutter avec nous contre les mensonges post coloniaux. Quel réconfort … les chiens aboient et la caravane panafricaine passe. Pour paraphraser Kateb Yacine dans Nedjma, disons qu’ «au fond des ruines reconstruites, la respiration de l’Algérie, et donc de l’Afrique, suffit à chasser les mouches. »

Posté par eugeneebode à 14:06 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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